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Pourquoi la peau du visage se relâche avec l’âge : comprendre les mécanismes du vieillissement facial

  • Shéhérazade SAJ
  • 11 mars
  • 5 min de lecture

Le relâchement de la peau du visage est une évolution naturelle liée au vieillissement. Plusieurs mécanismes anatomiques et biologiques expliquent la perte progressive de fermeté des tissus.



Signes visibles du vieillissement au niveau du visage
Signes visibles du vieillissement au niveau du visage


La production de collagène et d’élastine


Le collagène et l’élastine sont deux protéines essentielles à la structure et à la résistance de la peau. Avec l’âge, leur production diminue progressivement. La peau devient alors plus fine, moins élastique et plus vulnérable aux contraintes mécaniques.


Ces mécanismes sont aujourd’hui largement mis en avant dans la communication marketing autour du vieillissement cutané.


Agir sur la qualité de la peau et stimuler ces fibres constitue bien sûr une composante importante de la prise en charge.


Cependant, il est essentiel de garder à l’esprit que le vieillissement du visage ne se limite pas à la peau. D’autres transformations, plus profondes, interviennent également et doivent être prises en compte pour proposer une approche réellement cohérente et efficace.



La modification des structures osseuses


Les transformations les plus profondes du visage liées au vieillissement commencent au niveau du squelette facial.


Contrairement à ce que l’on imagine souvent, l’os n’est pas une structure figée : c’est un tissu vivant qui se renouvelle en permanence. Avec l’âge, les mécanismes de résorption osseuse deviennent progressivement plus importants que les processus de formation. Il en résulte une diminution progressive du volume et du soutien osseux qui servent de base aux tissus du visage.


Certaines zones sont particulièrement concernées par ces modifications :


L’orbite, la cavité osseuse qui entoure l’œil, tend à s’élargir et à reculer, ce qui réduit le soutien des paupières et accentue l’apparition des creux sous les yeux.


Au niveau du tiers moyen du visage, le maxillaire perd également du volume, participant à l’aplatissement des pommettes et à la perte de projection du milieu du visage.


Enfin, la mandibule, ou mâchoire inférieure, diminue progressivement en hauteur et en longueur. Cette évolution contribue à la perte de définition de l’ovale du visage et favorise l’apparition des bajoues.


Ces modifications osseuses constituent la base du processus de vieillissement facial.


Les transformations qui affectent ensuite les compartiments graisseux, les muscles et la peau viennent se superposer à cette perte progressive de soutien profond.




La modification de la répartition des volumes graisseux


Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la graisse du visage ne forme pas une couche uniforme. Elle est organisée en compartiments distincts, situés à différentes profondeurs.


Chez le visage jeune, ces coussinets graisseux sont bien positionnés et répartis de manière harmonieuse, ce qui donne au visage ses courbes douces et ses volumes naturels.


Avec le temps, leur comportement évolue :


Les compartiments graisseux profonds, situés sous les muscles du visage, ont tendance à perdre progressivement du volume. Cette atrophie réduit le soutien des tissus et contribue à l’apparition de zones creusées, notamment au niveau des tempes ou du milieu des joues.


À l’inverse, la graisse située plus superficiellement ne disparaît pas forcément. Elle a davantage tendance à se déplacer.


À mesure que les structures qui la maintiennent en place se relâchent, ces compartiments migrent progressivement vers le bas du visage sous l’effet de la gravité.


Cette redistribution des volumes participe à la perte de soutien des tissus, accentue certains creux et peut entraîner l’apparition d’accumulations graisseuses dans certaines zones, comme les poches malaires ou les bajoues.


Ces modifications expliquent pourquoi le vieillissement du visage ne correspond pas uniquement à une perte de volume, mais également à une redistribution des volumes.



L’évolution de la dynamique musculaire


Au fil de l’âge, certains muscles du visage ont tendance à rester dans un état de tension plus élevé, même au repos. D’autres peuvent se raccourcir progressivement sous l’effet de contractions répétées.


On peut l’illustrer par l’image d’une nappe posée sur une surface que l’on comprime légèrement : la nappe se plisse. De la même manière, lorsque les muscles sous-jacents exercent des forces de traction répétées et que les tissus de soutien s’affaiblissent, la peau qui les recouvre se plisse plus facilement.


Ces mécanismes expliquent pourquoi certaines rides ne sont pas uniquement liées au vieillissement de la peau, mais aussi à la dynamique musculaire du visage.


Certains auteurs ont également mis en évidence le rôle des tensions musculaires dans la redistribution des volumes faciaux.

Claude Le Louarn décrit notamment un phénomène de balance musculaire. Au niveau du tiers inférieur du visage notamment, la rétraction progressive du platysma (muscle du cou) tendrait à rapprocher ce muscle de son insertion osseuse mandibulaire, entraînant une compression des tissus et participant à la formation des bajoues.


Ces modifications altèrent progressivement l’équilibre entre les muscles qui élèvent les tissus et ceux qui les abaissent. Agir sur cette composante musculaire, en tenant compte de cet équilibre dynamique, peut ainsi permettre de réduire certaines tensions responsables des plis d’expression et de restaurer une harmonie plus naturelle entre les différentes forces qui s’exercent sur les tissus.


Dans ce contexte, certaines approches thérapeutiques visant à moduler l’activité musculaire peuvent constituer un outil intéressant pour atténuer ces plis et préserver l’équilibre dynamique du visage.



Stress oxydatif et glycation


Certains sucres se fixent progressivement sur les protéines de la peau, notamment le collagène et l’élastine, formant des composés appelés produits de glycation avancée (AGEs). Ces réactions rigidifient les fibres et diminuent leur souplesse.


Ce phénomène est étroitement lié au stress oxydatif. Les radicaux libres (ROS) favorisent la formation de ces molécules, qui entretiennent à leur tour l’inflammation et accélèrent le vieillissement cutané.


D’autres facteurs peuvent également accélérer ces phénomènes, comme l’exposition solaire, le tabac, certaines variations hormonales ou encore la pollution.



Conclusion


Le vieillissement du visage résulte d’une transformation progressive de l’ensemble de ses structures, de l’os jusqu’à la peau.


Comprendre ces mécanismes permet d’envisager une prise en charge qui ne vise pas simplement à combler les rides pour effacer les traces du temps, mais à restaurer l’équilibre et l’harmonie des structures qui soutiennent l’expression du visage, dans le respect de l’identité de chacun.


Au-delà de ces mécanismes anatomiques et biologiques, il existe également des interactions étroites entre le visage, les émotions et le fonctionnement du système nerveux. Ces boucles neuro-émotionnelles peuvent, avec le temps, contribuer à entretenir certaines tensions musculaires et à renforcer certains schémas d’expression du visage.


Ce sujet fera l’objet d’un prochain article.




Références :


Shaw RB, Katzel EB, Koltz PF et al. Aging of the facial skeleton: Aesthetic implications and rejuvenation strategies. Plastic and Reconstructive Surgery. 2011.


Rohrich RJ, Pessa JE. The fat compartments of the face: anatomy and clinical implications for cosmetic surgery. Plastic and Reconstructive Surgery. 2007.


Le Louarn C, Buthiau D, Buis J. Structural aging: the facial recurve concept. Aesthetic Plast Surg. 2007


Gkogkolou P, Böhm M. Advanced glycation end products: Key players in skin aging? Dermato-Endocrinology. 2012.


Vierkötter A, Krutmann J. Environmental influences on skin aging and ethnic-specific manifestations. Dermato-Endocrinology. 2012.


Rédaction Dr Samantha Al Joboory, Studio Kintsugi, Lormont Bordeaux rive droite


 
 
 

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